03.05.2021

Etude : le CNG moins couteux et plus efficace pour la mobilité durable

Association européenne pour les véhicules fonctionnant au gaz naturel et biogaz, NGVA Europe vient de livrer les résultats d’une nouvelle étude comparative réalisée à sa demande par Frontier Economics. Le CNG ressort gagnant à horizon 2030 face aux solutions électriques à batterie pour les voitures et pile hydrogène pour les camions.
 
Intitulée « Coûts de réduction des émissions de CO2 de la mobilité au gaz et autres options de transport routier », l’étude de 73 pages compare les performances et poids financiers de différentes solutions pour réduire l’impact carbone de la mobilité des camions et des voitures particulières.

Les valeurs concernant l’impact environnemental des diverses possibilités retenues sont calculées selon une approche globale, et pas seulement en se limitant aux émissions à l’échappement. Elles comprennent le CO2 relâché pour construire les véhicules, produire le carburant et l’acheminer jusqu’aux points de livraison, et l’usage des engins. Mais pas leur recyclage. Le coût des diverses solutions tient également compte de ces 3 points, et en ajoute un quatrième : la construction d’un réseau de ravitaillement en énergie.

Les véhicules et leur impact carbone
Les véhicules routiers sont responsables de 20 % des gaz à effet de serre émis en Europe, et de 72 % des volumes libérés par le secteur des transports. Avec des parts différentes : 43 % pour les voitures individuelles, 19 % pour les poids lourds (camions, autobus et autocars), 9 % pour les utilitaires, et 1 % pour les deux-roues. Pour les autres véhicules, le rail compte également pour 1 %. Une valeur quasi négligeable face aux secteurs aérien (14 %) et maritime (13%). Avec le Green Deal, ces émissions doivent être réduites en 2030 d’au moins 55 % par rapport à leurs niveaux de 1990.

Détrôner le pétrole
Le graphe montre très clairement, concernant les transports, que c’est au niveau des voitures particulières et des camions qu’il y aurait le plus à gagner en utilisant des solutions énergétiques alternatives. Différentes pistes sont possibles pour détrôner le pétrole qui pèse encore plus de 90% comme énergie pour le transport routier. Les biocarburants et carburants de synthèse ont cependant un avenir plus qu’incertain. Ils sont pour cela laissés de côté par l’étude. Le tiercé se joue donc entre l’électrique à batterie, la déclinaison à pile hydrogène, et le gaz naturel. Plus précisément, pour ce dernier : le biogaz. Frontier Economics souligne que le report modal vers les transports en commun est limité.

Maturité de la mobilité CNG
La NGVA table sur une croissance fulgurante du biométhane pour la mobilité en Europe, passant de 5 à 117 TWh entre aujourd’hui et 2030. Ce qui se traduirait par une part importante des modèles CNG dans les nouvelles immatriculations dans 9 ans :
    12 % pour les véhicules légers (voitures particulières et utilitaires),
    25 % pour les poids lourds (camions),
    34 % pour les autocars et autobus.

Avantage au CNG pour les voitures particulières
Les rédacteurs de l’étude ont envisagé d’ici 2030 la conversion de 1,6 million de voitures particulières à essence. De quoi réduire de 24 millions de tonnes les émissions de CO2. Miser sur le CNG (mix probable en 2030 comprenant 40% de biométhane) pèserait financièrement de l’ordre de 2,8 milliards d’euros. L’enveloppe grimperait à plus du double (6 milliards d’euros), en préférant la solution électrique à batterie. Si l’on s’arrête aux coûts totaux annualisés, l’avantage du gaz est réel, sans être particulièrement importante. C’est au niveau du coût de la réduction des émissions CO2 que la solution CNG/Bio-CNG prend nettement l’avantage. Elle est exprimée en euros par tonne d’équivalent CO2, après division des surcoûts à supporter par véhicule et par an par rapport à un véhicule conventionnel, avec la réduction de CO2 constatée par rapport à cet engin.
 
Cette formulation élimine les avantages fiscaux et gouvernementaux temporaires dont bénéficient en particulier les automobilistes qui ont fait le choix de l’électrique. Le résultat correspond plus exactement au poids sur la société des différentes solutions alternatives à l’essence et au gazole.

Avantage bioGNL et mix GNL/BioGNL
Dès lors le Bio-LNG et le mix LNG/Bio-LNG ressortent gagnant si l’on excepte la solution hydrogène bleu (hydrogène gris avec captage du CO2) dont l’avenir reste très incertain. Le coût de l’hydrogène vert est en revanche plus élevé.
« La mobilité GNL et bioGNL pour offrir une décarbonation à court terme à un faible coût de réduction du carbone, et le FCEV utilisant de l’hydrogène bleu et vert est susceptible de jouer un rôle important à l’avenir », commente l’association. Cette dernière estime que les 52.000 camions LNG vendus en Europe en 2030 devraient permettre d’éviter 25,1 millions de tonnes de CO2, pour un coût supplémentaire de l’ordre de 2,6 milliards d’euros.

Plus d'info sur: https://www.ngva.eu/medias/new-study-published-co2-emission-abatement-co...

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