Des eaux usées à l’énergie : le biométhane verdit le réseau gazier flamand
Des eaux usées à l’énergie : le biométhane verdit le réseau gazier flamand
Le biométhane gagne du terrain en Belgique
Le biométhane se développe rapidement comme alternative durable et locale au gaz naturel fossile. Partout en Belgique, de nouveaux projets injectent directement du gaz vert dans le réseau existant. L’agriculture et l’industrie agroalimentaire jouent un rôle clé, mais les stations d’épuration s’avèrent également être des sources précieuses d’énergie renouvelable.
Selon Didier Hendrickx de Gas.be, le potentiel du biométhane en Belgique est considérable :
« Le biométhane provient principalement des déchets agricoles et des flux résiduels de l’industrie agroalimentaire, mais aussi des stations d’épuration. Nous pouvons valoriser ces déchets et les transformer en gaz renouvelable. »
Le fait que le biométhane puisse circuler dans les réseaux existants est un atout majeur pour la transition énergétique. « Ainsi, le gaz décarboné atteint les clients industriels, les ménages et le secteur des transports. L’infrastructure gazière joue un rôle crucial », ajoute Hendrickx.
“ Le biométhane provient des déchets agricoles, de l’industrie agroalimentaire et des stations d’épuration. Ainsi, le gaz décarboné atteint clients et transports grâce au réseau existant. ”
Aquafin à Gand : des boues d’épuration au gaz vert
À Gand, Aquafin transforme les déchets organiques issus du traitement des eaux en biogaz, qui est ensuite valorisé en biométhane. Ce gaz vert est directement injecté dans le réseau flamand de Fluvius. Les boues d’épuration bénéficient ainsi d’une seconde vie et contribuent à une énergie circulaire.
Maarten Raemdonck d’Aquafin explique :
« Après le traitement de l’eau, il reste de la matière organique. Nous la faisons fermenter pour produire du biogaz, utilisé jusque-là principalement pour produire de l’électricité. Cela génère également de la chaleur résiduelle difficile à utiliser sur site. Pour des raisons de durabilité, nous avons décidé d’exploiter le plein potentiel de ce gaz. »
Aquafin a construit trois nouvelles installations de biométhane en 2025, dont celle de Gand est la plus grande. « Aujourd’hui, nous produisons environ 300 mètres cubes de biogaz par heure, ce qui correspond à environ 200 mètres cubes de biométhane injectés dans le réseau », précise Ben Snoeks d’Aquafin.
“ La matière organique issue du traitement de l’eau est fermentée en biogaz. En le valorisant en biométhane, nous exploitons tout son potentiel et l’injectons dans le réseau. ”
Innovation dans le processus de fermentation
La nouvelle installation s’inscrit dans la vision circulaire d’Aquafin, mais nécessite également des solutions techniques innovantes. Auparavant, un cogénérateur chauffait les digesteurs, mais cette source de chaleur n’est plus disponible. Aujourd’hui, la chaleur est récupérée directement des eaux traitées et portée à la température souhaitée à l’aide d’une pompe à chaleur.
« Cela montre comment des techniques innovantes rendent la production de biométhane efficace et durable », ajoute Snoeks.
Fluvius : une injection sûre dans le réseau
Une fois produit, le biométhane doit être injecté de manière sûre dans le réseau. C’est le rôle de Fluvius, qui suit de près le développement des projets de biométhane en Flandre.
« Nous installons la cabine d’injection et la connectons au réseau », explique un porte-parole. « Dans la cabine, nous contrôlons la qualité du gaz, mesurons le volume et odorons le gaz afin qu’il ait la même odeur que le gaz naturel. »
Chaque mètre cube de biométhane remplace un mètre cube de gaz fossile, sans modifications importantes pour le client. Ainsi, Aquafin et Fluvius contribuent progressivement à verdir le réseau gazier.
Pour l’avenir, de nouveaux projets sont déjà planifiés : en 2026, Fluvius prévoit cinq nouvelles installations, avec plusieurs dossiers en préparation pour 2027. Le déploiement futur dépendra toutefois de la réglementation et des conditions du marché.
Les ambitions européennes et la transition énergétique
Le biométhane ne se développe pas seulement en Belgique. À l’échelle européenne, la production de gaz vert augmente rapidement, soutenue par des objectifs ambitieux pour les molécules renouvelables dans le réseau.
Didier Hendrickx conclut :
« À terme, la production de biométhane, associée à d’autres gaz renouvelables et bas carbone, pourra couvrir la totalité de la consommation de gaz en Europe. L’avenir des gaz renouvelables s’annonce très prometteur. »
Grâce à des projets comme ceux d’Aquafin et Fluvius, la réduction des émissions de CO₂ est tangible et une économie locale circulaire se met en place, où les flux de déchets sont valorisés comme source d’énergie.
Conclusion
Le biométhane offre une seconde vie aux déchets et contribue à un réseau gazier durable et décarboné. En Flandre et en Europe, il constitue une clé de la transition énergétique, combinant innovation, production locale et principes de circularité.
